Monsieur Oussedik Azzedine, Directeur Général de l’Agence Spatiale Algérienne a été élu au nom de l’Algérie, à la présidence du Comité pour les Utilisations Pacifiques de l’Espace Extra-Atmosphérique (COPUOS) des Nations Unies pour la biennie 2014-2015, lors de la cinquante-septième session du comité tenue à Vienne du 11 au 20 juin 2014.

Le président sortant, Mr. Yasushi Horikawa du Japon a fait une déclaration dans laquelle il a félicité l’Algérie pour son élection, en souhaitant plein succès au nouveau président notamment dans la recherche des voies et moyens pour une utilisation pacifique de l’espace à l’échelle mondiale, tout en intégrant les questions relatives au développement durable et aux changements climatiques.
Créé en 1959, le COPUOS a pour but de promouvoir la coopération internationale pour l’utilisation pacifique de l’espace, concevoir des programmes spatiaux sous l’égide des Nations unies, promouvoir la recherche et étudier les problèmes juridiques qui peuvent résulter de l’exploration spatiale.
Aujourd’hui, ce comité compte 76 états membres avec l’adhésion cette année de deux nouveaux membres, la Biélorussie et le Ghana. L’Algérie a adhéré à ce comité en Novembre 2002 (résolution 57/116 lors de l’Assemblée Générale).

Dans son discours inaugural, Monsieur Oussedik a souligné le rôle joué par le Comité et ses deux Sous-Comités (Sous-comité scientifique et technique et sous-comité juridique) dans le renforcement de l’utilisation des outils spatiaux pour répondre aux défis et enjeux mondiaux auxquels fait face l’humanité. A cet effet, l’accent a été mis sur la nécessité du renforcement du potentiel humain et l’importance de la coopération régionale et interrégionale dans le domaine spatial. Il a également mis en exergue le rôle de la Conférence Africaine sur les sciences et technologies spatiales (ALC) pour la mise en place d’un cadre de coopération régionale favorisant la mutualisation des ressources humaines et matérielles entre les pays africains. Cette conférence se tient tous les deux ans depuis 2005 : Abuja – Nigeria 2005, Cape town – Afrique du Sud 2007, Alger – Algérie 2009, Mombasa – Kenya 2011et Acra – Ghana 2013.
Madame Simonetta Di Pippo, Directrice du Bureau des Affaires Spatiales (BAS) des Nations Unies, après avoir félicité l’Algérie pour son élection, a affirmé que le COPUOS et ses organes ainsi que le Bureau des Affaires Spatiales, mobiliseront l’appui et l’engagement des états dans l’utilisation des technologies spatiales pour la mise en œuvre des objectifs du programme mondial de développement.

La délégation Algérienne, conduite par son Excellence, M. Mohamed Benhocine, ambassadeur d’Algérie à Vienne et représentant permanent auprès des Nations Unies et constituée de cadres de l’Agence Spatiale Algérienne, a pris part de façon active à l’examen des points inscrits à l’ordre du jour de cette 57ème session.
Au titre du débat général, la délégation algérienne a fait une déclaration soulignant les principales actions menées en 2013 dans le cadre du programme spatial national. Les questions liées à la délimitation de l’espace extra atmosphérique, à l’accès aux positions orbitales, au danger des débris spatiaux et à l’utilisation illicite des données satellitaires à haute résolution ont été soulevées.

Parmi les points importants abordés lors de cette session:
– les moyens d’assurer que l’espace continue d’être utilisé à des fins pacifiques :
Le comité s’intéresse, à titre prioritaire, aux moyens de renforcer la coopération régionale et interrégionale liée aux activités spatiales, afin de promouvoir les aspects de l’utilisation pacifique de l’espace et dynamiser les activités dans ce domaine en vue de contribuer au développement durable, notamment dans les pays en développement.
A cet effet, les états membres ont réitéré la nécessité d’assurer un accès équitable et non discriminatoire à l’espace et sa non-appropriation, indépendamment du niveau de développement scientifique, technique ou économique des états.
– le rapport du Sous-Comité scientifique et technique sur les travaux de sa cinquante et unième session :
Ce rapport a fait apparaitre l’état d’avancement des différentes questions à l’ordre du jour de ce sous-comité notamment:
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Les activités du Programme des Nations Unies pour les applications des techniques spatiales relatives aux centres régionaux de formation aux sciences et techniques spatiales affiliés à l’ONU,
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Le système international de satellites pour la recherche et le sauvetage (COSPAS-SARSAT) qui dispose d’une couverture mondiale de balises de détresse assurée par six satellites en orbite polaire et six satellites géostationnaires,
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Les questions relatives à la télédétection de la Terre par satellite, y compris ses applications dans les pays en développement et particulièrement la surveillance de l’environnement terrestre,
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La problématique des débris spatiaux,
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Les objets géo-croiseurs et la nécessité de créer un réseau international d’alerte aux astéroïdes,
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Le recours aux systèmes spatiaux pour la gestion des catastrophes,
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L’évolution récente des systèmes mondiaux de navigation par satellite,
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La météorologie spatiale,
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La viabilité à long terme des activités spatiales.
– le rapport du Sous-Comité juridique sur les travaux de sa cinquante-troisième session:
Ce rapport fait apparaitre les questions relatives à :
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la définition et à la délimitation de l’espace et aux caractéristiques et l’utilisation de l’orbite des satellites géostationnaires, notamment aux moyens permettant de l’utiliser de façon rationnelle et équitable,
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les mécanismes juridiques relatifs aux mesures de réduction des débris spatiaux, compte tenu des travaux du Sous-Comité scientifique et technique,
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les législations nationales relatives à l’exploration et à l’utilisation pacifiques de l’espace extra-atmosphérique,
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le renforcement des capacités dans le domaine du droit spatial.
– les questions liées à l’espace et au développement durable :
L’utilité des techniques et applications spatiales ainsi que des données et informations d’origine spatiale pour le développement durable a été mise en exergue, notamment dans les domaines de la gestion des sols et de l’eau, des écosystèmes marins et côtiers, de la santé, du changement climatique, de la réduction des risques de catastrophe et des interventions d’urgence, de l’énergie, de la navigation, de la surveillance sismique, de la gestion des ressources naturelles, de la biodiversité, de l’agriculture et de la sécurité alimentaire.
– les questions liées à l’espace et l’eau :
Les questions relatives à l’eau sont l’un des problèmes environnementaux les plus critiques, en particulier dans les pays en développement, et la conservation et l’utilisation appropriée de cette ressource revêt une importance capitale pour assurer la vie sur terre. A cet égard, les données spatiales constituent un outil précieux d’aide à la décision pour les responsables chargés de la gestion des ressources en eau.
– les questions liées à l’espace et les changements climatiques:
Les changements climatiques constituent l’un des plus grands enjeux planétaires ayant des effets négatifs sur toutes les régions du monde, en particulier les pays en développement, par diverses manifestations comme le réchauffement climatique, l’élévation du niveau de la mer, la fonte des calottes polaires et des glaciers et des phénomènes climatiques et météorologiques de plus en plus intenses, notamment les sécheresses, les tempêtes extratropicales et les cyclones tropicaux, qui sont la cause d’inondations et de glissements de terrain.

Enfin, en marge des travaux de cette session, plusieurs réunions de travail ont été tenues avec les représentants des états membres partenaires de l’Algérie, notamment, le Nigeria, l’Inde, la Chine, l’Afrique du Sud ainsi qu’avec des organisations continentales et internationales à l’instar de « African leadership Conference –ALC » et la Fédération Internationale d’Astronautique.